La nouvelle norme ISO 19650 pose un standard de travail international pour le BIM. Au coeur de sa conception, on retrouve le souhait de mieux organiser les informations d’une maquette numérique, afin de favoriser son exploitation dans le temps, et ainsi pérenniser la transformation digitale du secteur du bâtiment.

Lors de deux précédents articles, nous vous présentions les origines de cette norme, ainsi que les bonnes pratiques pour implémenter la norme ISO 19650 dans ses processus de travail. Dans ce nouvel article, nous allons entrer dans le détail de la gestion de l’information avec la norme ISO 19650 et notamment la notion d’environnement commun de données (ou CDE - Common Data Environment).


Qu’est-ce qu’un environnement commun de données ?


Les environnements communs de données sont définis par la clause 3.3.15 de la norme ISO 19650-1. Il faut ainsi distinguer les flux des environnements communs de données (c’est-à-dire les processus mobilisés), et les solutions : ces dernières concernent les technologies utilisées pour créer et soutenir les flux de données.

La notion d’environnement commun de données n’a rien de neuf. Au contraire, dès les débuts du BIM, l’importance d’une gestion disciplinée et collaborative des données est inscrite dans les premières normes du secteur (comme par exemple la fameuse norme britannique BS 1192 qui a inspiré la norme ISO 19650) ! La nouveauté apportée par la norme ISO 19650 est la distinction claire entre les processus et les solutions. Si autrefois on pouvait réduire l’environnement commun de données à un logiciel, la norme ISO 19650 établit qu’un éventail de solutions techniques peuvent être envisagées, dans le but premier de servir les flux de données et de travail.

Pour les entreprises et intervenants impliqués dans un projet BIM, cela signifie qu’il existe un travail amont de cartographie des flux de données et des processus de travail. Pour chaque processus et chaque donnée nécessaire à la maquette (que celle-ci soit existante, ou en attente de production), il faut ensuite sélectionner la solution adaptée pour produire, stocker et communiquer cette information.


Métadonnées et modèles d’informations : de l’importance de la structure

En amont du projet, l’équipe mandataire et son BIM manager doivent mettre sur pied une stratégie de fédération des données. Concrètement, il s’agit d’un document (ou chapitre de la Convention BIM) précis qui explique comment et pourquoi sont divisés les modèles d’information. Ce document doit permettre ensuite de faciliter la production et le traitement des données pour les autres collaborateurs du projet. Parmi les exigences requises, on peut ainsi retrouver des considérations liées à la sécurité, ou à la coordination spatiale entre les différentes équipes.

Un second document à construire en amont est le système de classification détaillant le niveau d’information nécessaire : c’est un document qui va décrire à un niveau plus fin les différents niveaux d’information qui peuvent être créées de façon collaborative et transversale à différents niveaux du projet.

Enfin, en dernier point, il faut définir en amont de la création de la maquette la façon dont les métadonnées vont être gérées : sont-elles rattachées aux objets BIM qui les concernent ou alors stockées sur un contenu annexe pour plus de lisibilité ?

Ces trois éléments vont structurer les données et favoriser la collaboration en différents niveaux du projets et pour différents types d’équipes.


Définir le niveau d’information requis.


Les données contenues dans une maquette BIM doivent servir à un objectif précis : elles doivent par exemple permettre de prendre des décisions ou de réaliser une tâche. Une maquette qui ne contient pas assez d’informations risque de poser problème pour la construction ou l’exploitation du bâtiment. A l’inverse, une maquette contenant trop d’informations peut s’avérer difficile à exploiter, et mobiliser un temps et une énergie inutiles.

La notion de “niveau d’information” provient de la clause 11.2 de la norme ISO 19650-1 : la méthode doit être consolidée par le commanditaire et l’équipe responsable. 


En résumé, la norme ISO 19650 impose des procédures amont plus strictes en matière de structuration de l’information. Elle incite également les responsables d’un projet à communiquer largement sur les standards attendus auprès de leurs collaborateurs. Et c’est tant mieux ! Car ces données une fois structurées permettent d’aller plus vite, et surtout plus loin, dans la gestion d’un projet en BIM.


Pour en savoir plus, vous pouvez consulter le document de présentation de la norme ISO 19650 ici (en anglais).

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