Lors d’un précédent article, nous vous avions présenté la nouvelle norme ISO 19650, destinée à cadrer le travail et la gestion de l’information en BIM afin d’assurer la pérennité des maquettes numériques. Alors que cet article était une présentation générale de la norme ISO 19650, nous allons maintenant vous montrer comment celle-ci impacte les processus de travail en BIM.

Il s’agit de la suite de la présentation de ce document récapitulatif. N’hésitez pas à le consulter pour aller plus loin.

Définir les livrables et échanges par phases

Pour réussir à mettre en place la norme iSO 19650 dans ses processus de travail, le Maître d’Ouvrage doit commencer par établir certains pré-requis :


  • Quels sont les besoins du projet en matière de données ?
  • Comment les données BIM vont-elles être structurées ? Quels en sont les bénéfices attendus ?
  • Quels sont les différents types de données disponibles et comment celles-ci vont être structurées et échangées entre les différentes parties prenantes ?


En phase amont, il est important que le Maître d’Ouvrage mette l’accent sur les données dont il a besoin et sur ce qu’il compte en faire : en expliquant clairement quels sont ses objectifs, il permet ainsi aux prestataires de gagner en autonomie et en rapidité sur le projet. Ils sont ainsi en mesure de prendre les décisions appropriées à chaque étape du projet puisqu’ils ont chacun le même niveau de compétences et de compréhension du projet.


A ce stade, tous les responsables désignés par le Maître d’Ouvrage ont donc tous les éléments en main pour appliquer la norme ISO 19650 dans leur partie du projet. Pour permettre des échanges transparents, les différentes parties prenantes doivent ensuite établir plusieurs règles de collaboration :

  • Premièrement, quels sont les rôles clés du projet et quelles sont les responsabilités qui y sont associés ?
  • Deuxièmement, quels sont les critères de livraison et de partage des données ? A cet égard, la norme ISO 19650 leur permet de construire un cahier des charges précis.
  • Troisièmement, quel est le niveau de précision requis pour chaque stade du projet ?
  • Enfin, quels sont les critères de vérification pour valider la qualité des livrables ?


Cette discussion permet de mettre en place un système de gestion de l’information efficace et pertinent : il inclut les besoins de chacun, et permet de partager de façon claire le processus de délivrabilité de l’information et la méthode de suivi de la qualité des données.

Bien cadrer son besoin

Lorsque le Maître d’Ouvrage exige des données de ses prestataires, ces dernières doivent servir un objectif : en enrichissant la maquette BIM sans l’alourdir, elles vont permettre au Maître d’Ouvrage de mieux gérer son projet, de la construction à l’exploitation. Au-delà du Maître d’Ouvrage, une hiérarchie précise de la structure d’une maquette permet aux équipes de chercher les bonnes informations au bon endroit, et au bon moment. Ici, l’enjeu est de faire gagner du temps, et de l’argent, aux équipes : elles peuvent ainsi prendre des décisions pertinentes et efficaces de façon autonome.


Les attentes du Maître d’Ouvrage se résument en 4 documents clés :


  • Les Organisational Information Requirement (OIR) : ce document est en lien avec les objectif liés aux spécificités organisationnels du MOA
  • Les Project Information Requirements (PIR) : ce document est en lien avec la gestion du projet de la Conception à la Construction,.
  • Les Asset Information Requirements (AIR) : ce document est en lien avec la l’exploitation et la maintenance du bien immobilier tenant compte de l’OIR..
  • Les Exchange Information Requirements (EIR) : ce document est en lien avec les différentes phases du projets et les livrables BIM définit à partir du PIR.


Travailler de façon collaborative

La norme ISO 19650 veut permettre aux équipes projet de créer dès le départ des maquettes numériques optimisées pour durer dans le temps. Les données BIM produites par les différentes parties prenantes doivent donc être structurées de façon à rendre la maquette immédiatement exploitable. En pratique, effectivement, les données produites par les différentes parties prenantes ne peuvent pas être produites de façon isolée : chaque enrichissement de la maquette a un impact sur le travail des autres groupes du projet.

Dans le déroulement du projet, il est donc important que les données soient partagées et actualisées de façon régulière. La norme ISO 19650 fournit les règles qui contraignent la production et le partage d’information : c’est à ce stade du travail que la méthodologie choisie en amont du projet prend tout son sens, puisqu’elle garantit une structuration intelligente des données BIM.

En plus d’être implémentées dans la maquette, les données BIM doivent être régulièrement vérifiées et validées afin d’éviter les erreurs tout au long du projet. Le suivi des informations BIM doit ainsi être validé par le responsable de chaque équipe opérationnelle. Au-delà d’un suivi plus serein dans le temps, la profusion de données permet ainsi pour chaque équipe, de comparer la structure des données obtenues avec celle demandée par les documents originaux : pour le client, c’est une façon plus transparente de suivre le projet.

Partager régulièrement les données permet également de créer de nouveaux outils de suivi plus transversaux, comme par exemple l’analyse des coûts ou encore l’impact énergétique du projet !



Les différents processus collaboratifs à l’oeuvre lors de l’implémentation de la norme ISO 19650 visent donc à donner plus de transparence aux échanges des différentes parties prenantes et plus de sérénité pour le Maître d’Ouvrage du projet. La donnée BIM, ainsi structurée, devient donc exploitable immédiatement, dès les premières étapes du projet.

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