Nombreux sont les maîtres d’ouvrage à mettre en place une démarche BIM pour améliorer leur connaissance de leur patrimoine et leur processus de gestion des données en exploitation. Toutefois, si les avantages du BIM GEM (Gestion Exploitation Maintenance) sont nombreux, la mise en pratique peut s’avérer difficile si l’infrastructure logicielle en place n’est pas adaptée aux données BIM, ce qui est souvent le cas pour un premier projet BIM mené à titre expérimental. Dans ce cas de figure, la visionneuse eveBIM du CSTB peut être la solution adaptée, grâce à l’un de ses nombreux plugins.

Les enjeux du BIM GEM

Au cours d’un projet de construction, en phase de conception et exécution, un grand nombre de données sont produites sur le projet, sur une durée de quelques années.

La phase exploitation est ensuite la plus longue dans le cycle de vie d’un bâtiment. Une durée de vie de 50 ans est souvent prise pour référence.

Pour assurer la transition entre ces phases, le premier enjeu est la mise en exploitation du projet, c’est-à-dire l’intégration des données des maquettes BIM DOE dans les logiciels d’exploitation.

Ensuite, il est primordial de pouvoir mettre à jour les données des maquettes, sans quoi ces données deviendraient obsolètes, donc peu à peu inutiles aux yeux de l’exploitant. C’est le deuxième enjeu pour un BIM GEM réussi !

Le BIM GEM avec un logiciel compatible et non compatible avec le BIM

Deux cas de figure sont rencontrés :

Cas n°1 : le SI est composé de logiciels compatibles avec le BIM (Abyla, Active 3D, Intent, SpinalCore /SpinalTwin, SAM FM, Carl SoftWare, Véolys, Deepki, Citron, iPorta…),c’est-à-dire capable d’importer les données d’une maquette au format IFC ou éventuellement au format natif, et de maintenir ensuite un lien bidirectionnel avec les maquettes BIM pour assurer leur mise à jour. 

Cas n°2 : le SI n’est pas compatible avec des maquettes BIM.

Dans le cas n°1 les méthodes d’intégration et de mise à jour des données sont propres aux logiciels.

Dans le cas n°2, l’exploitant choisit parfois de changer de solution logicielle pour se rapprocher du cas n°1 et devenir compatible avec le BIM. Cette solution n’est pas toujours retenue car elle peut impliquer de lourds changements organisationnels en plus d’un investissement financier. D’autant plus si les logiciels en place apportent satisfaction en dehors du sujet du BIM.

Les logiciels incompatibles avec le BIM, sont en général capables d’importer et exporter d’autres formats, comme des fichiers Excel ou XML et c’est justement en passant par le format Excel que l’utilisation d’eveBIM devient intéressante.

En effet, la visionneuse IFC eveBIM permet l’édition, et l’export/ import de données en Excel grâce à l’un de ses plugins gratuit, ce qui permet de pallier l’incompatibilité entre la GMAO et les maquettes BIM.

Mise en pratique

Voyons comment répondre en pratique aux deux enjeux évoqués précédemment.

Enjeu 1 : Passer les maquettes BIM en exploitation

BIM in Motion a accompagné Alpes Isère Habitat dans sa première opération en BIM : la résidence l’Idolay à Rives. Une fois le DOE BIM livré, le premier objectif était de permettre la mise en exploitation des données, donc d’enregistrer toutes les données des maquettes dans les bases de données du bailleur, qui sont des bases de données SQL Server. L’export des données au format Excel grâce à eveBIM a grandement facilité la tâche puisqu’il était ensuite possible de réimporter ces données dans la base de données SQL Server.

Dans l’exemple suivant, nous allons exporter les données des antennes TV.

Interface d’export de données via eveBIM

Les données obtenues après export sont les suivantes :

NB : Il faut noter que le GlobalId a été exporté pour chaque objet. Ce sera le paramètre de mappage pour le réimport des données(voir plus loin)

 

Enjeu 2 : Mettre à jour les données des maquettes en exploitation

Une fois ces données importées dans la base de données SQL Server, elles sont vouées à être modifiées au fur et à mesure de la vie de l’ouvrage. Imaginons que les antennes TV soient toutes modifiées 10 ans plus tard. On passerait de la marque« CAHORS » à la marque « Marque 2 ». Les références seraient également modifiées.

Après les travaux, les données sont mises à jour dans les bases de données SQL Server d’Alpes Isère Habitat. Elles doivent à présent être mises à jour dans les maquettes BIM.

Depuis la base de données SQL Server, on commence par exporter un fichier Excel, comme celui-ci :

NB : On note que le GlobalId a bien été conservé pour permettre le mappage des données.

On passe ensuite dans eveBIM pour importer les données dans les maquettes :

L’utilisation du plugin se fait en quatre étapes :

 : Je sélectionne le fichier Excel exporté depuis la base de données SQL Server

 : Je crée le mappage (ou le lien) entre les lignes de mon fichier Excel et les objets de la maquette. C’est donc là qu’on utilise le GlobalId, qui est un identifiant unique pour chaque objet.

 : Je fais la correspondance entre les noms des colonnes du fichier Excel et les données à mettre à jour dans les maquettes. Par exemple dans ce cas, je veux que les données contenues dans la colonne« Marque » du fichier Excel soient copiées dans le Pset MEP, dans la propriété « Marque » de l’objet IFC.

 : On clique sur « Génération des propriétés »

On constate que les propriétés ont bien été mises à jour dans l’Objet BIM sélectionné (parabole en rouge) :

NB : Les données peuvent aussi être mises à jour à la main directement sur la visionneuse. Cette méthode est préférable lorsque peu d’objets sont impactés par la mise à jour.

Pour accéder directement aux consignes du CSTB sur l’utilisation du plugin, visiter ce lien

Conclusion

EveBIM propose donc des fonctionnalités d’export et de mise à jour des données en exploitation. L’utilisation du logiciel est intéressante pour les exploitants souhaitant mettre en œuvre le BIM GEM sans bouleverser toute leur infrastructure SI.

Quoi qu’il en soit, le processus de mise à jour des maquettes en exploitation doit être cadré, en termes de fréquence, objets et données mis à jour, responsabilités, etc. pour sécuriser la démarche.