Le BIM et la Blockchain sont deux technologies qui ont vu leur popularité croître ces dernières années, à mesure que le champs de leurs usages s’élargissait. Aujourd’hui, la question se pose des connexions possibles entre ces deux outils pour le domaine de l’immobilier : tous deux favorisentplus de transparence, ainsi que la transversalité des métiers. Quels liens peuvent exister entre le BIM et la Blockchain ? Dans un domaine où la collaboration entre différents corps de métiers est clé, on peut envisager l’usage du BIM et de la Blockchain comme une réponse à l’épineuse question de la confiance entre les différentes parties prenantes d’un projet immobilier.

Cet article est en partie traduit d’une publication universitaire du Dublin Institute of Technology (en anglais) disponible ici.

La Blockchain : rapide définition et usages dans l’immobilier.

La blockchain est une technologie qui permet de stocker et échanger des informations de manière sécurisée : concrètement, c’est un outil qui lie des blocs d’informations entre eux (les fameuses “chaînes de blocs”) de façon à créer un maillage indépendant et donc, théoriquement, incorruptible. La blockchain est une technologie de plus en plus populaire dans les domaines de la finance et du juridique puisqu’elle doit permettre d’éviter les erreurs humaines et toute forme de détournement.

Dans l’immobilier, on retrouve donc de nombreux projets qui s’intéressent à la blockchain. Pour l’achat bien sûr, et notamment pour gérer et certifier les transactions financières et les démarches administratives qui y sont liées, mais aussi pour la location entre particuliers, la location de bureaux et la gestion de contrats entre professionnels. Plus largement, de nombreuses initiatives s’intéressent également à la blockchain pour mieux gérer l’approvisionnement énergétique des logements, et favoriser ainsi la production d’électricité locale et renouvelable.

BIM et Blockchain : la confiance au coeur de la collaboration métier.

Le BIM présente de nombreux enjeux techniques, notamment pour ce qui est de la construction et l’entretien de bâtiments via l’usage d’une maquette numérique. Pourtant, au-delà du progrès technique, le BIM est surtout un nouvel outil au service de la transversalité et du dialogue entre métiers. En fédérant les différents acteurs de la construction, rénovation et gestion d’un bien immobilier, le BIM propose une base de discussion commune. C’est un outil de communication et de management qui bouleverse progressivement le cloisonnement qui existait auparavant entre les différents corps de métiers. C’est ce qu’on appelle le “Network Effect” (ou “Effet de Réseau”) : lorsqu’il y a effet de réseau, la valeur d’un produit ou d’un service dépend de la quantité de personnes qui utilisent ce produit ou ce service. Dans le cadre du BIM, les maquettes numériques voient leur valeur ajoutée croître à mesure que des corps de métiers différents y ont recours. Cette nouvelle façon de penser le monde de la construction, de la rénovation et de l’exploitation de patrimoine bouleverse les modes de management actuels. Le BIM abaisse les barrières temporelles (le gestionnaire de patrimoine peut suivre le chantier dès le début de la construction) mais aussi hiérarchiques : tout le monde a accès au même niveau d’information, et est, par conséquent, plus responsabilisé.

Le BIM est donc une technologie disruptive, sur le plan technique, mais aussi sur le plan managérial. Passer au BIM c’est accepter d’abandonner des processus qui avaient leurs défauts, mais qui fonctionnaient malgré tout et dans lesquels tout le monde avait foi. Convaincre ses collaborateurs, à tous les niveaux, que le BIM est une solution plus efficace et moins coûteuse, cela requiert une base technique solide. Il faut être capable d’inspirer rapidement confiance aux parties prenantes. Et c’est dans la sécurisation de ces processus que peut intervenir la blockchain. Puisque c’est une technologie qui garantit des échanges de données transparents et incorruptibles, elle constitue un argument de poids dans la gestion du changement ! Pour favoriser le passage à de nouveaux modes de travail et intégrer le BIM dans les processus de communication entre les parties prenantes, il faut être capable d’atteindre des niveaux de confiance similaires, sinon supérieurs à ceux qui étaient atteints. Et grâce à des technologies comme la blockchain, les professionnels du BIM auront bientôt un nouvel argument dans leur besace pour favoriser la transition digitale du monde du bâtiment.